une remorque de la Seconde Guerre mondiale transformée en chef-d’œuvre pour se rendre à la Villa Médicis

Est Républicain – 20 février 2026



Autour de Guillaume Maréchal, vice-président en charge de la jeunesse et du sport, toute une délégation de la Région Grand Est a fait le déplacement au lycée professionnel de Dombasle pour voir l’avancée d’une rénovation originale engagée en septembre dernier dans le cadre du prestigieux programme de Résidence Pro, créée en 2022 par la Villa Médicis.

Effervescence ce jeudi 5 février après-midi au sein de l’atelier carrosserie du lycée des métiers entre Meurthe et Sânon de Dombasle-sur-Meurthe. Parmi la dizaine de véhicules et berlines, confiés aux bons soins des élèves en formation, un engin pour le moins inhabituel attire ce jour tous les regards. Même la Maserati Quattroporte avec ses 400 chevaux sous le capot s’efface derrière l’ancienne remorque datant de la Seconde Guerre mondiale à laquelle vingt élèves de 2e année de bac pro carrosserie tentent de redonner du lustre.

Douze classes de lycées pro du Grand Est – dont ceux de Verdun et Bar-le-Duc – et dix des Hauts-de-France ont été sélectionnées en 2026 pour participer à la Résidence pro, créée en 2022 par la Villa Médicis. Quelque 250 ambassadeurs iront montrer leur travail sur place, à Rome, du 4 au 14 mai prochain.

À l’issue des restitutions, il n’y aura que des gagnants. Le programme « n’est pas un concours », insiste l’élu régional, il vise la valorisation des savoir-faire, savoir être et savoirs académiques dispensés dans les filières pro et agricoles. Il relève néanmoins du défi.

Concrètement, dans l’établissement, le projet créé bel et bien l’émulation que soupçonnait possible le proviseur, Olivier Kopferschmitt. Du début à la fin de cette présentation officielle, menée de manière informelle, il sera dithyrambique sur les bienfaits observés sur les élèves, « tous arrivés de sections Segpa et ULIS en grande difficulté matérielle et éducative ». C’est lui qui avait pressenti qu’avec cette classe en particulier, une dynamique vertueuse pourrait se mettre en place jusqu’à atteindre le niveau d’excellence attendu.

Un toit modulable en table

Les élèves se sont confiés entre deux explications sur les étapes de haute technicité restant à accomplir : quand bien même ils ne connaissaient pas la Villa Médicis au départ, ils ont saisi l’ampleur de la renommée de l’Académie française de Rome, le riche héritage artistique qu’elle a permis de laisser et le privilège que cela représente de pénétrer ses murs. Fiers, ils veulent absolument donner le meilleur et dépasser leurs limites dans la réalisation de ce qu’ils appellent leurs « Banquettes de Lucullus ».

L’enjeu, pour eux, ne se limite pas à faire rutiler la carrosserie de la remorque, mais d’en tirer un chef-d’œuvre sur le thème annuel « Du banquet romain aux arts de vivre de demain ». Guidé par ses professeurs de carrosserie, M. Vintzel, et d’arts appliqués, Mme Moine, le collectif a eu l’idée de revisiter le van ancienne génération en « triclinium ambulant inspiré des banquets romains », autrement dit un espace de convivialité mobile en kit avec un toit modulable en table et de bancs en matériaux recyclés à déployer au fil de ses itinérances.

À Rome, les élèves n’iront pas à bord de leur engin. Pour leur démonstration, ils en produiront une impression 3D, enrichissant ainsi encore leur gamme de compétences et leur CV, et prouvant que les filières pro, longtemps considérées comme des voies de garage, savent mettre les jeunes sur la voie du succès.